30/03/2008

La misère et la violence sont partout

Une nuit de garde, le bip sonne avec le message « malaise lieu non protégé », je me rend à la caserne et regarde l’ordre de départ pour avoir un peu plus de précisions « crise d’épilepsie, jeune femme de 16ans ».

L’intervention se situe dans des bâtiments communaux servant de logements sociaux… logements insalubres et mal chauffés.

Nous arrivons, l’atmosphère est un peu tendue et hostile. Dans l’appartement il y a deux gros chiens attachés qui aboient juste à coté de moi qui m’occupe de la jeune fille. Il y a aussi la maman et deux hommes qui ont l’air d’avoir bu et qui crient sur la fille pour qu’elle se réveille.

La victime est allongée sur le sol crade au possible avec sur elle une couverture sale et moisie. J’essai de me concentrer sur elle et de zapper les chiens et les personnes bruyantes. Je comprend rapidement qu’elle simule un état d’inconscience puisqu’elle répond à mes stimulations et pas à celles des autres.

J’avais ma main dans la sienne tout le long de l’intervention et un climat de confiance s’est instauré juste par le toucher.

Quand nous descendons je vois que mon chef d’agrès avec les larmes aux yeux et je ne comprends pas… je lui demande ce qu’il y a et il me répond : « quand je suis rentré ils lui donnaient des coups de pieds dans la tête c’est pour sa que j’ai fait venir les gendarmes ».

Tout s’explique, cette jeune fille a simulé une crise pour échapper à tout sa…

23/03/2008

L'influence de la famille sur nos soins

Stage en service de chirurgie viscérale. Un jeune patient de 18 ans est là pour une déchirure de la vessie suite à un coup de bâton de ski, les suites opératoires ce sont compliquées en péritonite. Il a donc été opéré deux fois.

Le jeune homme est réticent à ce que je lui fasse les soins car il a vu sur ma blouse « étudiante infirmière »… je change ses perfs, je fais une prise de sang et il s’étonne que je la réussisse… (je reste calme car je comprends son doute, ce qui me gène un peu ce sont les petites remarques à mon égard…) j’ai remarqué à cette occasion que ce patient est angoissé.

Quelques matins plus tard  nous venons pour lui faire les soins et il y avait sa mère. Elle est visiblement désemparée et très angoissée ce qui peut se comprendre dans la situation. Son fils est douloureux, nous faisons le nécessaire en antalgique intra veineux.

Je remarque aussi qu’il a du mal à se calmer et que la douleur ne baisse pas, ce qui angoisse encore plus la mère qui nous suit partout dans le service pour nous dire que son fils à mal…

L’infirmière rajoute un antalgique et me demande de lui faire une prise de sang qui est prévue.

Je prépare mon matériel, entre dans la chambre demande à la dame de sortir le temps du soins.

Je repère ma veine et je pique. Avant même d’enfiler le tube je sens que je vais me louper (pourtant il a des veines fines mais qui se voient bien) … résultat j’ai un peu de sang et très vite plus rien et mon aiguille ressort sans même que je l’enlève… je trouve sa étrange et vu la situation je passe la main à ma collègue déçue de ma prestation. Dans ma tête j’analyse et je pense que l’angoisse de la mère majorait l’angoisse du fils ainsi que sa douleur. Au moment de la prise de sang j’ai senti aussi cette angoisse m’envahir ce qui m’a certainement déstabilisé dans mon soin.

Ce sont ces petites expériences de soignants qui nous font avancer et comprendre que l’environnement est un facteur qui peut influencer dans la réussite de nos soins.

16/03/2008

Le statut d'étudiant(e) infirmièr(e)

Ce qu’il y a de bien avec le statut d’étudiant(e) infirmier(e) c’est qu’il y a beaucoup de contraintes !!

 

Il y a tout d’abord l’école… ahhhh l’école ! oui oui on nous prend bien pour des écoliers parfois… (pas toujours fort heureusement).

Les journées de cours sont longues et parfois on se demande ce qu’on fais là alors que dehors il fait beau !

Les formatrices on toutes leurs atouts et leurs défauts (il y en a même on voit surtout leurs défauts) et les intervenants… médecins, infirmier(e)s, cadres… qui doivent se demander qu’est ce que c’est que cette promo !!… Il est vrai que dans certains cours quelques peu blasant… nous trouvons de quoi passer le temps… mots fléchés, sodoku, dessins, papotage… et j’en passe.

Vu de l’autre côté de l’amphi sa doit pas être très motivant pour faire un cours… je l’avoue !

 

Il y a ensuite les stages… un mois à chaque fois… un mois c’est court quand le stage se passe bien mais c’est très long quand il se passe mal.

Il y a toutes les sortes de professionnels mais ceux qui marquent le plus en général c’est ceux qui ont oublié qu’un jour eux aussi ils étaient étudiants… et que quand on est étudiant on a pas la science infuse et on ne sait pas tout faire. On est justement là pour apprendre.

Il y aussi les équipes qui te compte comme membre à part entière de l’équipe… en gros tu fais leur boulot, le boulot qu’elles ne veulent pas faire (surtout le nursing : les toilettes)… « ohhhh y’a l’élève ce matin ba sa va aller ! »

L’élève… nom qui nous est donné en stage… sympathique n’est ce pas ?!

 

Enfin… et fort heureusement il y a aussi tous ces moments qui font que l’on aime notre futur métier… ce qui nous raccroche et nous motive pour continuer. C’est un métier tellement riche.

13/03/2008

Il y a des inter qui marquent plus que d'autres

Une de mes inter les plus marquantes, le premier arrêt cardio-respiratoire (ACR). La veille de noël, il est 17h et nous sommes de garde depuis 7h ce matin et pas une inter. Nous sommes dans le standard à espérer que quelque chose arrive !

Et là ! … un ordre de départ arrive…

AVP VL personne inconsciente qui respire.

Ne jamais se fier à l’ordre de départ… la situation peut avoir changé à notre arrivée…

Nous arrivons sur les lieux, un homme de 38 ans en ACR dans sa voiture. Son cœur s’est arrêté soudainement quand il conduisait, il a percuté une autre voiture.

La première chose qui m’a frappé en l’abordant c’est son regard figé (le regard d’un mort… image qui reste dans la tête). 

Sans tarder nous attaquons massage cardiaque et ventilation… une fois le DSA mis en place… choc indiqué, et là deuxième image marquante pour moi son corps qui décolle de 20 cm au choc du DSA et qui retombe sur le sol.

Apres la recherche de son identité nous avons trouvé une petite boite (boite de bijou) emballée de papier cadeau, et j’ai remarqué deux sièges enfants dans la voiture… là je me suis dit qu’on avais pas le droit de le laisser partir, pas à cette période,  pas le droit de laisser une femme et deux enfants en bas age sans papa.

Il s’en est sorti, sans séquelles.

J’avais 17 ans et demi et c’était une de mes premières inter à caractère d’urgence vitale.

20:51 Écrit par M dans Pompier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : pompier, acr, inter |  Facebook |

12/03/2008

Qui sera la ou le prochain(e)...

La formation d’infirmière n’est pas facile et tout au long du cursus il y a des abandons…

Aujourd’hui une de plus alors qu’il ne reste qu’un an et demi avant le diplôme…

Les départs des collègues font toujours un petit quelque chose et nous font nous questionner…

On a vraiment l’impression que l’école ne nous soutient pas et qu’elle fait tout pour se débarrasser de nous comme dans une télé réalité… pourtant il manque des infirmières et dans les services c’est la crise !

J’ai souvent des grands moments de ras le bol, mais toujours je me dit qu’il ne faut pas oublier mon objectif.

04/03/2008

L'inconnu fait peur

Le monde de la maladie mentale fais peur à la plupart des gens. Et je dois avouer qu’avant d’avoir fait un stage auprès des personnes autistes, trisomiques… ayant un retard mental important, moi aussi j’avais du recul vis à vis de ces personnes tout simplement parce que je ne connaissais pas du tout le milieu. Et oui, l’inconnu fait peur.

Et pourtant, j’ai découvert d’autres moyens de communication qui sont bien plus fort, bien plus expressifs… Certes il y a de la violence, certes il y a du repli sur soi mais il y a aussi beaucoup d’amour, de reconnaissance et de spontanéité. Ces personnes sont très attachantes et vous donnent beaucoup.

Je me rappel de Nany que je ne pouvais pas approcher au début de mon stage, il m’étais impossible d’entrer en communication avec lui… petit à petit nous nous sommes apprivoisés comme le petit prince et le renard et au fil du temps nous avons appris à nous connaître et un beau jour il est venu vers moi, à la fin de mon stage il me laissais même lui donner la douche… Nany je l’ai vu évoluer et faire de nombreux progrès en un mois… même l’équipe n’en revenais pas !

 

al_st_exupery08_le_prince_et_le_renard


 

Il y a eu aussi Raph qui montre ses sentiments avec tellement d’expressions ! Quand il est en colère… il balance tout ! quand il veut nous montrer de l’affection il nous serre dans ses bras tellement fort qu’on ne peut plus bouger ! C’est comme sa que j’ai faillit me faire étrangler… mais comment lui en vouloir lui qui voulait me montrer de l’affection, lui qui n’a aucune notion du danger.

Ce ne sont que deux exemple parmi les nombreux moments de joie et de bonheur que j’ai vécu.

Ce stage que j’appréhendais tellement m’a en fait fais grandir, il n’a pas été facile au début mais il valait vraiment le coup…