25/02/2008

Jambe de bois

Stage dans un service de médecine, je fais l’entrée d’un patient qui vient pour une plaie surinfectée, je n’avais pas plus de précisions avant de rentrer dans la chambre.

Je me présente à Mr HC, 88 ans, un ancien de la campagne c’est le cas de le dire !

Il a été amputé de la jambe droite au niveau du genou à l’age de 17 ans et a une jambe de bois… oui une jambe de bois une vraie ! Des jambes de bois comme celle la on les voit dans les musée !

jambe_bois

Je prend les constantes, pouls, tension, saturation tout en discutant avec lui pour faire un recueil de donnée, a vrai dire je m’égosille quelques peu puisque Mr HC est sourd !

-         « Mr HC je vais vous déshabiller un peu pour faire un ECG, c’est un examen pour voir si votre cœur va bien »

-         « hein… mais non a cette heure la je ne veux pas manger du gratin… »

-         « Un examen du cœur Mr ! » …

Mr HC est dans la chambre à côté de l’infirmerie, il y a une fenêtre avec des stores et cette chambre sert normalement à surveiller un patient sous scope.

Au moment où je déshabille un peu Mr HC pour poser les électrodes de l’ECG je vois les deux infirmiers (un infirmier et une infirmière) du service entre ouvrir le store et me regarder faire l’examen avec un petit sourire au coin.

J’observe une grosseur au niveau du bas ventre alors je le déshabille un peu plus pour examiner…

A ma grande surprise je découvre que le patient n’avais pas de slip… et en plus il avait une hernie inguinale… de la taille d’une pastèque, je ne voyais même plus la verge… je n’avais jamais vu sa de ma vie ! j’ai eu du mal a cacher ma stupéfaction. 

Je continue en faisant attention à la pudeur de Mr HC. Je lève les yeux et je vois les deux infirmiers me faire coucou le sourire jusqu’aux oreilles, morts de rire… en fait ils savaient et m’ont laissé faire l’entrée ! sympa les collègues !!!

La plaie se situe au niveau du moignon, une entaille de 10 cm infectée au possible. Je me demande comment une telle plaie à bien pu se produire. Apres maintes et maintes reprises on a finit par savoir… !

Mr HC s’était gratté le moignon avec un couteau…a du se couper et à laissé traîner sa plaie 15 jours sans soins ! Un ancien de la guerre je vous dis ! Un vrai de vrai!

Série noire

Stage de gériatrie en USLD (unité de soins longue durée),un lundi je suis de matin j’arrive donc à 7h.

L’infirmière est déjà là depuis 1/2h elle me fais part du décès dans la nuit de Mme L. Cette nouvelle rend le service mélancolique et surprend l’équipe car selon les infirmières qui étaient la ce week-end ; Mme L était « bien »… (c’est sur, mais bon en général on prévient pas quand on pars…)

Nous allons dans la chambre de la défunte pour vérifier si le bracelet d’identification avait bien été mis par l’AS de nuit. Il est bien là… on jette un coup d’œil pour voir si la chambre est rangée si tout est ok… pour quand la famille viendra.

Nous attaquons le tour des prises de sang en attendant l’étudiante infirmière e 3ème année qui était en retard.

Nous nous rendons dans la chambre de Mr H.

-         « bonjour Mr H ! comment allez vous ce matin ? »

comme à son habitude il ne répond pas et garde les yeux fermés.

Je trouve qu’il a le teint gris ce matin et j’en fais part à l’infirmière qui me dis, 

-         « attends je crois qu’il est décédé… »

Je prend un pouls… en effet, il n’est plus de ce monde.

Mr H, 103 ans, étais arrivé dans le service 10 jours auparavant. Il avait été hospitalisé suite à une chute qui l’a rendu complètement dépendant et grabataire en 2 semaines… alors qu’avant il vivais chez lui complètement autonome. On appelle sa syndrome de glissement.

Bref, la matinée continue, le médecin viens constater le décès les PFG viennent chercher les corps pendant que je fais mes toilettes (et oui quand on est élève on fais plus du boulot d’aide soignante qu’autre chose dans certains services… mais c’est comme sa !) on cours toute la matinée car nous avons prit un retard considérable sur le programme de la journée…(oui il faut speeder car les horaires sont les horaires tellement speeder que certaines oublient qu’elle s’occupent de personnes âgées… mais bon c’est pas le sujet d’aujourd’hui).

Ma journée de travail touche à sa fin, l’infirmière d’aprem arrive et nous commençons les transmissions. Quand tout à coup le cadre du service débarque à toute vitesse dans l’infirmerie et nous demande d’aller voir si Mme B est toujours vivante…(le cadre n’est même pas infirmier diplômé d’état…mais bon tout va bien !!)

Mme B étais la 3ème à décéder de la journée. Je dis à l’infirmière d’aprem que je m’occupe de Mme B pour retirer le KT et la sonde urinaire et que je ferais la toilette mortuaire avec les AS pour qu’elle puisse finir les trans tranquillement.

Quand je quitte le service, une heure après l’heure normale, je suis vannée et je me dis ironiquement… et bien… la semaine commence bien !

PS: je me souviens que dans la matinée une petite dame du service avait dit; "oh jamais 2 sans 3" en parlant de tout autre chose... mais sa m'avais interpellé!