28/02/2008

Coupeur de feu

En pleine nuit le bip sonne, la tête un peu dans le brouillard je lis le message inscrit : « brûlures légères » je m’habille et je pars direction la caserne. Sur le chemin en conduisant j’avais comme l’intuition que la personne serait à la caserne… Intuition féminine !

La victime étais là…Avec deux de mes collègues.

Je finis de m’habiller correctement en essayant de comprendre la situation. Le monsieur étais agité et je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas entrer dans la caserne et encore moins dans le VSAB (ambulance).

Après avoir mis du temps pour comprendre (parce que parfois en pleine nuit c’est dur de percuter !)que dehors il faisait froid (mois de décembre) qu’il voulait y rester…  les brûlures n’étaient pas légères… il étais brûlé au 2ème et 3ème degré sur le cou, et les bras.

Nous faisons les premiers soins dehors et nous l’invitons à entrer dans le VSAB pour faire jonction avec le SMUR. Nous roulons les fenêtres ouvertes pour le soulager un peu… (autant vous dire que c’est bon je suis bien réveillée !! sa caillait dans la cellule !)

Nous apprenons sur le chemin qu’il s’était brûlé avec une bonbonne de gaz, dans un chalet de montagne à 1h à pied… il est descendu en se roulant dans la neige…

Nous retrouvons le SMUR, les collègues me laissent avec l’équipe médicalisée.

Sur la route l’infirmière dit qu’il faudra tout de suite appeler un coupeur de feu à l’arrivée aux urgences, les morphiniques ne font que peu d’effet… Son EVA au départ était à 8/10 elle n’a pas baissé. Je lui fais part de mon don de couper le feu, c’est vrai que dans le feu de l’action je n’y ai pas pensé…

C’est comme sa que je me suis retrouvée dans un box aux urgences à couper le feu au monsieur. Je ne l’avais jamais fait sur des grosses brûlures comme celle là et je n’ai pas réussi à couper totalement j’ai juste pu soulager partiellement la douleur… EVA à 3/10 après mon passage.

Je suis ressortie et j’avais chaud et soif. Je suis restée dans la cellule pour remonter à la caserne, j’ai laissé les fenêtres ouvertes et j’ai même bu l’eau stérile tellement j’avais soif !! (bah c’est pas bon l’au stérile !!)

Ce don,  certain y croient d'autres non, je respecte leur choix.

Les aléas du libéral

Stage avec les infirmières libérales dans un patelin à côté de chez moi. Nous sortons de chez un touriste qui s’était cassé la patte. Petit problème, la voiture qui ne démarre pas… ! Nous somme au sommet du village et à 11h30 on doit être à la permanence au cabinet ! Il est 11h15 on avait pour une fois de l’avance !

L’infirmière appelle sa collègue pour qu’elle assure la perm… manque de bol elle n’est pas au village ! Elle appelle ensuite son père mécano pour qu’il vienne nous dépanner et téléphone chez le dentiste d’à côté pour qu’il laisse un mot sur la porte du cabinet.

On a pensé à tout… maintenant il faut qu’on redémarre !

Nous arrivons au cabinet à 11h50 !… point d’avance !

Le lendemain nous avons rdv devant la caserne, cette fois ci elle avait pris une autre voiture… pour être sur de bien redémarrer ! on fait 500m et bam ! le câble de l’accélérateur qui lâche !

La poisse jusqu’au bout !!

Nous avons finit la journée avec ma voiture !

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26/02/2008

Une sonde U qui m'a scotché!

Parfois je me demande ce qui se passe dans la tête de certains patients… !

Je me rappelle d’une situation qui m’a fais rire… c’était en service de soins externe stage de chirurgie dans une clinique, un Mr viens parce qu’il a un souci avec sa sonde urinaire depuis qu’il est rentré chez lui… !

-         « Je viens vous voir parce que le tuyau que vous m’avez mis… ben il fuit ! puis j’ai l’impression que le tuyau il tient pas »

-         « Ah bon ! la sonde vous fais mal ? »

-         « non non ! »

-         « Où est ce que sa fuit Mr ? »

-         « Ben dans le slip »

Je soulève le pantalon pour regarder le sac, les urines étaient normales.

Je demande au patient de se déshabiller pour que je puisse regarder avec l’infirmière ce qui ne va pas avec la sonde. J’appelle l’infirmière car moi et les sondes sa fais 2 à cette époque j’étais en 1ère année…

Nous entrons dans la salle d’examen et le patient nous dit ;

-         « Pour limiter un peu les fuites et pour pas que le tuyau parte j’ai mis du scotch »

On se regarde un peu étonnée avec l’infirmière et on va voir… !!!

Eh oui … ! il avait bien entouré la sonde urinaire et la verge avec du scotch… et pas du sparadrap hypoallergénique comme on peu trouver dans les services… mais avec du scotch d’électricien… qui colle bien ! ah bah la elle voulait pas partir la sonde !!  Je  vous laisse imaginer le désastre!

Je vous dis pas le temps qu’on a mis pour déballer le tout !

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Toujours dans le même service, mais un matin où les consultations étaient de la traumato, un patient arrive avec son plâtre au pied droit, le plâtre dans un état… tout noir avec de la terre, les pieds… dans le même état de saleté… je ne vous parles pas de l’odeur… !

-         «  Mr, vous savez que vous n’avez pas le droit de marcher avec ce plâtre »

-         « Oui je sais bien mais j’avais les champs à finir ! »

Ce qui explique bien des choses !!

En guise de chaussure il avait coupé une botte et l’avait entouré des câbles d’électricité pour la faire tenir !

 

J’ai remarqué que les anciens ne manquent pas d’idée en ce qui concerne le système D !

25/02/2008

Jambe de bois

Stage dans un service de médecine, je fais l’entrée d’un patient qui vient pour une plaie surinfectée, je n’avais pas plus de précisions avant de rentrer dans la chambre.

Je me présente à Mr HC, 88 ans, un ancien de la campagne c’est le cas de le dire !

Il a été amputé de la jambe droite au niveau du genou à l’age de 17 ans et a une jambe de bois… oui une jambe de bois une vraie ! Des jambes de bois comme celle la on les voit dans les musée !

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Je prend les constantes, pouls, tension, saturation tout en discutant avec lui pour faire un recueil de donnée, a vrai dire je m’égosille quelques peu puisque Mr HC est sourd !

-         « Mr HC je vais vous déshabiller un peu pour faire un ECG, c’est un examen pour voir si votre cœur va bien »

-         « hein… mais non a cette heure la je ne veux pas manger du gratin… »

-         « Un examen du cœur Mr ! » …

Mr HC est dans la chambre à côté de l’infirmerie, il y a une fenêtre avec des stores et cette chambre sert normalement à surveiller un patient sous scope.

Au moment où je déshabille un peu Mr HC pour poser les électrodes de l’ECG je vois les deux infirmiers (un infirmier et une infirmière) du service entre ouvrir le store et me regarder faire l’examen avec un petit sourire au coin.

J’observe une grosseur au niveau du bas ventre alors je le déshabille un peu plus pour examiner…

A ma grande surprise je découvre que le patient n’avais pas de slip… et en plus il avait une hernie inguinale… de la taille d’une pastèque, je ne voyais même plus la verge… je n’avais jamais vu sa de ma vie ! j’ai eu du mal a cacher ma stupéfaction. 

Je continue en faisant attention à la pudeur de Mr HC. Je lève les yeux et je vois les deux infirmiers me faire coucou le sourire jusqu’aux oreilles, morts de rire… en fait ils savaient et m’ont laissé faire l’entrée ! sympa les collègues !!!

La plaie se situe au niveau du moignon, une entaille de 10 cm infectée au possible. Je me demande comment une telle plaie à bien pu se produire. Apres maintes et maintes reprises on a finit par savoir… !

Mr HC s’était gratté le moignon avec un couteau…a du se couper et à laissé traîner sa plaie 15 jours sans soins ! Un ancien de la guerre je vous dis ! Un vrai de vrai!

Série noire

Stage de gériatrie en USLD (unité de soins longue durée),un lundi je suis de matin j’arrive donc à 7h.

L’infirmière est déjà là depuis 1/2h elle me fais part du décès dans la nuit de Mme L. Cette nouvelle rend le service mélancolique et surprend l’équipe car selon les infirmières qui étaient la ce week-end ; Mme L était « bien »… (c’est sur, mais bon en général on prévient pas quand on pars…)

Nous allons dans la chambre de la défunte pour vérifier si le bracelet d’identification avait bien été mis par l’AS de nuit. Il est bien là… on jette un coup d’œil pour voir si la chambre est rangée si tout est ok… pour quand la famille viendra.

Nous attaquons le tour des prises de sang en attendant l’étudiante infirmière e 3ème année qui était en retard.

Nous nous rendons dans la chambre de Mr H.

-         « bonjour Mr H ! comment allez vous ce matin ? »

comme à son habitude il ne répond pas et garde les yeux fermés.

Je trouve qu’il a le teint gris ce matin et j’en fais part à l’infirmière qui me dis, 

-         « attends je crois qu’il est décédé… »

Je prend un pouls… en effet, il n’est plus de ce monde.

Mr H, 103 ans, étais arrivé dans le service 10 jours auparavant. Il avait été hospitalisé suite à une chute qui l’a rendu complètement dépendant et grabataire en 2 semaines… alors qu’avant il vivais chez lui complètement autonome. On appelle sa syndrome de glissement.

Bref, la matinée continue, le médecin viens constater le décès les PFG viennent chercher les corps pendant que je fais mes toilettes (et oui quand on est élève on fais plus du boulot d’aide soignante qu’autre chose dans certains services… mais c’est comme sa !) on cours toute la matinée car nous avons prit un retard considérable sur le programme de la journée…(oui il faut speeder car les horaires sont les horaires tellement speeder que certaines oublient qu’elle s’occupent de personnes âgées… mais bon c’est pas le sujet d’aujourd’hui).

Ma journée de travail touche à sa fin, l’infirmière d’aprem arrive et nous commençons les transmissions. Quand tout à coup le cadre du service débarque à toute vitesse dans l’infirmerie et nous demande d’aller voir si Mme B est toujours vivante…(le cadre n’est même pas infirmier diplômé d’état…mais bon tout va bien !!)

Mme B étais la 3ème à décéder de la journée. Je dis à l’infirmière d’aprem que je m’occupe de Mme B pour retirer le KT et la sonde urinaire et que je ferais la toilette mortuaire avec les AS pour qu’elle puisse finir les trans tranquillement.

Quand je quitte le service, une heure après l’heure normale, je suis vannée et je me dis ironiquement… et bien… la semaine commence bien !

PS: je me souviens que dans la matinée une petite dame du service avait dit; "oh jamais 2 sans 3" en parlant de tout autre chose... mais sa m'avais interpellé! 

Petite intro!

Voilà maintenant bientôt 3 ans que je fais partie de cette grande famille (comme certains diraient « d’enculés »!)… (petite boutade qui se dit souvent en caserne !)

Fille d’un adjudant ( - chef depuis peu!) qui a 32 années de bottes ! J’ai donc été mise dans le bain depuis toute petite. J’ai le grade de sapeur première classe depuis novembre 2006, et non c’est pas la grande classe ! c’est tout en bas de l’échelle !

pompier

09:48 Écrit par M dans Pompier | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : pompier, passion |  Facebook |