30/03/2008

La misère et la violence sont partout

Une nuit de garde, le bip sonne avec le message « malaise lieu non protégé », je me rend à la caserne et regarde l’ordre de départ pour avoir un peu plus de précisions « crise d’épilepsie, jeune femme de 16ans ».

L’intervention se situe dans des bâtiments communaux servant de logements sociaux… logements insalubres et mal chauffés.

Nous arrivons, l’atmosphère est un peu tendue et hostile. Dans l’appartement il y a deux gros chiens attachés qui aboient juste à coté de moi qui m’occupe de la jeune fille. Il y a aussi la maman et deux hommes qui ont l’air d’avoir bu et qui crient sur la fille pour qu’elle se réveille.

La victime est allongée sur le sol crade au possible avec sur elle une couverture sale et moisie. J’essai de me concentrer sur elle et de zapper les chiens et les personnes bruyantes. Je comprend rapidement qu’elle simule un état d’inconscience puisqu’elle répond à mes stimulations et pas à celles des autres.

J’avais ma main dans la sienne tout le long de l’intervention et un climat de confiance s’est instauré juste par le toucher.

Quand nous descendons je vois que mon chef d’agrès avec les larmes aux yeux et je ne comprends pas… je lui demande ce qu’il y a et il me répond : « quand je suis rentré ils lui donnaient des coups de pieds dans la tête c’est pour sa que j’ai fait venir les gendarmes ».

Tout s’explique, cette jeune fille a simulé une crise pour échapper à tout sa…