26/07/2008

Accident de 2 roues

Départ accident 2 de roues, homme 20 ans seul en cause, saigne de la bouche et à des pertes de conscience.

Nous arrivons les collègues pompiers du CPI sont en train de masser le jeune qui est au milieu d’un champs. La moto est debout contre un arbre sur la roue avant.

accident-moto[1]


Le choc a du être puissant, car il est très « abîmé ».
Il a un important trauma au niveau de la tête ce qui lui déforme totalement le visage, et une énorme plaie au niveau de l’épaule qui s’étends jusqu’au mamelon qui laisse entrevoir les veines et artères sectionnées ainsi que la clavicule complètement fracturée.
Je met en place directement le DSA en me disant déjà dans ma tête que sa ne sert pas à grand chose… les insufflations données par le BAVU font gonfler son cou signe que la trachée est probablement sectionnée.

Au loin j’entends un cri… sa copine viens d’apprendre la nouvelle…
Elle comme lui ne sont pas d’ici.
Il était venu pour travailler en saison. Elle ést venue en vacances pour le voir…
Une histoire tragique de plus.

Le temps passe nous massons toujours, le SMUR arrive et tante tout de même une intubation et un peu d’adré… sans convictions… ce jeune est visiblement trop « amoché » nous dit le médecin.
Heure du décès 22h38…
Il laissera derrière lui la tristesse

Les interventions comme celles-ci nous laissent toujours un goût amer surtout quand la personne que vous prenez en charge à votre age. Des images sordides, mais surtout… un petit quelque chose en moi qui me dit putain de bordel de merde 22 ans…

16/04/2008

Etre là au moment crucial

C’est une de mes dernières matinée dans le service de chir viscéral/gastro (hummm quelle bonne odeur dans ce service !) c’est un peut le bronx dans les soins… des coup de téléphones par ci, des sonnettes par là… bref j’essai de pallier du mieux que je peut à cela en aidant les infirmières (sans compter que normalement je ne suis que stagiaire… !)

Et bien sur, une urgence… par dessus sa… de toute façon les choses comme ça sa n’arrive pas quand un service est calme !

Le petit fils du Mr de la chambre 601 m’interpelle. Je fais vite pour venir car il semble paniqué.

Mr M est en soins palliatifs. Il donne son dernier souffle devant sa femme (très au clair sur la situation de son mari), son petit fils (environ 18 ans… bouleversé, dans le déni face à la situation présente) et moi.

Le petit fils de Mr M lui tiens la main et l’encourage à se battre… alors que tout est déjà terminé la respiration qu’il peut voir son des gaspes… à ce moment là mon rôle est de lui faire comprendre qu’il faut lui dire au revoir…

 

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Je me suis sentie un peu désarmée n’ayant jamais eu d’expérience en la matière, je suis donc allée chercher l’infirmière du secteur qui entre temps avait commencé les visites parce que le chir était arrivé plus tôt que prévu…

La prise en charge des personnes en soins palliatif dans n’importe quel service de l’hôpital est difficile. Les soins sont spécifiques et demandent du temps, la prise en charge est double : la personne et son entourage…

Je pense que l’on ne nous parle pas assez de ces situations qui sont pourtant fréquentes (autant pour la prise en charge en palliatif, que pour la prise en charge du deuil).

29/02/2008

L'énergie du soin relationel

Stage avec les infirmières libérales. Nous sommes mardi, c’est la première fois que nous nous rendons chez Mr D. Nous venons pour lui apprendre à se faire dextro et insuline. A peine entrée dans sa demeure que je sens comme une tension, un mal aise.

L’infirmière et moi nous rendons dans la cuisine où se trouve Mr D et sa femme.

-         « Bonjour, comment allez vous ? »

-         « Oh, c’est pas la grande forme »

-         « Ah bon pourquoi ? qu’es ce qui vous arrive ? »

-         « Je viens d’apprendre que j’ai un cancer du poumon… »

Son diabète avait été découvert à la suite du diagnostic du cancer… nous ne savions absolument pas qu’il était atteint de cette maladie.

Nous venons plusieurs fois par jour pour les soins.

Le vendredi de la semaine, nous venons comme à notre habitude sur les cou des 11h chez Mr D. Nous sommes restés plus longtemps pour parler, Mr D n’allait pas très bien (aussi bien sur le plan psychologique que sur le plan somatique).

Quand je suis ressortie de la maison, j’étais extrêmement fatiguée… comme si Mr D avait puisé dans mon énergie…

A midi après la permanence, je passe à la caserne faire mon petit tour, et je vois un ordre de départ pour une intervention arriver…

« Mr D, 61 ans, arrêt cardio-respiratoire, départ flash »

J’indique à mon collègue l’adresse exacte pour qu’ils arrivent le plus rapidement possible sur les lieux… mais je savais intérieurement que c’était déjà finit pour lui, comme si Mr D nous avait dit au revoir tout a l’heure en captant notre énergie…

Mr D est décédé ce jour.

Suite à cette situation j’ai compris que le soin relationnel prend beaucoup d’énergie notamment dans l’accompagnement d’une personne dont la fin est proche.

Je ne vous ai parlé que de Mr D, mais le soin relationnel ne s’arrête pas à Mr D, mais bien à la personne malade et à son entourage.

25/02/2008

Série noire

Stage de gériatrie en USLD (unité de soins longue durée),un lundi je suis de matin j’arrive donc à 7h.

L’infirmière est déjà là depuis 1/2h elle me fais part du décès dans la nuit de Mme L. Cette nouvelle rend le service mélancolique et surprend l’équipe car selon les infirmières qui étaient la ce week-end ; Mme L était « bien »… (c’est sur, mais bon en général on prévient pas quand on pars…)

Nous allons dans la chambre de la défunte pour vérifier si le bracelet d’identification avait bien été mis par l’AS de nuit. Il est bien là… on jette un coup d’œil pour voir si la chambre est rangée si tout est ok… pour quand la famille viendra.

Nous attaquons le tour des prises de sang en attendant l’étudiante infirmière e 3ème année qui était en retard.

Nous nous rendons dans la chambre de Mr H.

-         « bonjour Mr H ! comment allez vous ce matin ? »

comme à son habitude il ne répond pas et garde les yeux fermés.

Je trouve qu’il a le teint gris ce matin et j’en fais part à l’infirmière qui me dis, 

-         « attends je crois qu’il est décédé… »

Je prend un pouls… en effet, il n’est plus de ce monde.

Mr H, 103 ans, étais arrivé dans le service 10 jours auparavant. Il avait été hospitalisé suite à une chute qui l’a rendu complètement dépendant et grabataire en 2 semaines… alors qu’avant il vivais chez lui complètement autonome. On appelle sa syndrome de glissement.

Bref, la matinée continue, le médecin viens constater le décès les PFG viennent chercher les corps pendant que je fais mes toilettes (et oui quand on est élève on fais plus du boulot d’aide soignante qu’autre chose dans certains services… mais c’est comme sa !) on cours toute la matinée car nous avons prit un retard considérable sur le programme de la journée…(oui il faut speeder car les horaires sont les horaires tellement speeder que certaines oublient qu’elle s’occupent de personnes âgées… mais bon c’est pas le sujet d’aujourd’hui).

Ma journée de travail touche à sa fin, l’infirmière d’aprem arrive et nous commençons les transmissions. Quand tout à coup le cadre du service débarque à toute vitesse dans l’infirmerie et nous demande d’aller voir si Mme B est toujours vivante…(le cadre n’est même pas infirmier diplômé d’état…mais bon tout va bien !!)

Mme B étais la 3ème à décéder de la journée. Je dis à l’infirmière d’aprem que je m’occupe de Mme B pour retirer le KT et la sonde urinaire et que je ferais la toilette mortuaire avec les AS pour qu’elle puisse finir les trans tranquillement.

Quand je quitte le service, une heure après l’heure normale, je suis vannée et je me dis ironiquement… et bien… la semaine commence bien !

PS: je me souviens que dans la matinée une petite dame du service avait dit; "oh jamais 2 sans 3" en parlant de tout autre chose... mais sa m'avais interpellé!