27/11/2010

Dernière nuit...

Il est 2h du mat à Paris et nous partons avec l'AR (Ambulance Réanimation) pour un homme tombé du balcon d'un immeuble.

Ils faisaient tous la fête, tous avaient bu, ils jouaient à un jeu à la "con"... marcher sur la rambarde de la barrière du balcon... Il avait 26 ans et il est tombé du 6ème étage.

Ce fut sa dernière soirée...

15/06/2008

Satisfaction personnelle

Nous sommes dimanche soir, il est 19h45 et tout le monde est un peu sur les nerfs et à envie de partir…sa fait depuis vendredi 19h que nous sommes de garde. Nous sommes tous réunis dans la remise en attendant 20h la fin de la garde.

Et là… les bips du premier départ sonnent… nous rentrerons chez nous un peu plus tard ce soir là…

Nous partons pour une personne reversée par une voiture.

Sur place une femme est allongée au milieu de la route un homme lui maintient la tête. J’aborde la victime et je pense tout de suite à un trauma crânien car elle n’étais pas très cohérente et désorientée. Nous l’emmenons rapidement au chaud dans le VSAB et je poursuit mon bilan. Sa tension étais dans les chaussettes et son pouls battais au taquet. Dans ma tête je pense « hémorragie interne ? la rate ?» …

Je confie à mon chef d’agrès que je le sens pas, qu’il faudrait un SMUR sur place. Au début il était septique car c’est vrai qu’elle n’avais pas l’air si mal mais… je ne sais pas pourquoi, un instinct… j’ai insisté et il a appelé une équipe médicalisée. L’attende du SMUR se fait longue et l’état de la victime se dégrade…

 

Le médecin du SMUR nous dit que la dame n’aurait pas survécu à un transport sans médicalisation et qu’elle avait très certainement un éclatement de la rate…

 

20:03 Écrit par M dans Pompier | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pompier, intervention, smur |  Facebook |

28/02/2008

Coupeur de feu

En pleine nuit le bip sonne, la tête un peu dans le brouillard je lis le message inscrit : « brûlures légères » je m’habille et je pars direction la caserne. Sur le chemin en conduisant j’avais comme l’intuition que la personne serait à la caserne… Intuition féminine !

La victime étais là…Avec deux de mes collègues.

Je finis de m’habiller correctement en essayant de comprendre la situation. Le monsieur étais agité et je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas entrer dans la caserne et encore moins dans le VSAB (ambulance).

Après avoir mis du temps pour comprendre (parce que parfois en pleine nuit c’est dur de percuter !)que dehors il faisait froid (mois de décembre) qu’il voulait y rester…  les brûlures n’étaient pas légères… il étais brûlé au 2ème et 3ème degré sur le cou, et les bras.

Nous faisons les premiers soins dehors et nous l’invitons à entrer dans le VSAB pour faire jonction avec le SMUR. Nous roulons les fenêtres ouvertes pour le soulager un peu… (autant vous dire que c’est bon je suis bien réveillée !! sa caillait dans la cellule !)

Nous apprenons sur le chemin qu’il s’était brûlé avec une bonbonne de gaz, dans un chalet de montagne à 1h à pied… il est descendu en se roulant dans la neige…

Nous retrouvons le SMUR, les collègues me laissent avec l’équipe médicalisée.

Sur la route l’infirmière dit qu’il faudra tout de suite appeler un coupeur de feu à l’arrivée aux urgences, les morphiniques ne font que peu d’effet… Son EVA au départ était à 8/10 elle n’a pas baissé. Je lui fais part de mon don de couper le feu, c’est vrai que dans le feu de l’action je n’y ai pas pensé…

C’est comme sa que je me suis retrouvée dans un box aux urgences à couper le feu au monsieur. Je ne l’avais jamais fait sur des grosses brûlures comme celle là et je n’ai pas réussi à couper totalement j’ai juste pu soulager partiellement la douleur… EVA à 3/10 après mon passage.

Je suis ressortie et j’avais chaud et soif. Je suis restée dans la cellule pour remonter à la caserne, j’ai laissé les fenêtres ouvertes et j’ai même bu l’eau stérile tellement j’avais soif !! (bah c’est pas bon l’au stérile !!)

Ce don,  certain y croient d'autres non, je respecte leur choix.