15/08/2008

Une journée auprès de Mme R

 

Stage de psychiatrie dans un service de chroniques. Ce matin j’arrive à la relève et l’on m’annonce que je vais passer ma journée de stage aux urgences avec Mme R hospitalisée depuis hier soir pour fécalome et rétention urinaire.

Mme R étant en HDT (hospitalisation à la demande d’un tiers) elle doit être accompagnée d’un soignant en permanence d’un soignant pendant son hospitalisation.

Je pars donc relayer mon collègue qui lui est resté toute la nuit après de Mme R.

La matinée est longue et après avoir regardé tous les magazines je commence a m’ennuyer !

Mme R est opposante aux soins et en général ne veut pas prendre ses traitements. Elle est très calme et n’a jamais été violente envers les autres.

L’infirmière du service se présente dans la chambre avec le traitement de Mme R qu’elle refuse de prendre. Avec un peu de patiente, de sympathie et d’humour je parviens à lui donner ses médicaments.

Plus tard, aux alentours de midi l’infirmière se présente à nouveau et me demande de lui donner son traitement … « au moins les neuroleptiques… on sais jamais avec ses gens là ! » me dit elle.

J’ai été écœurée de la vision de cette soignante sur les personnes hospitalisés en psychiatrie.

 

De plus j’ai appris plus tard que le psychiatre de Mme R ne voulais pas prescrire d’accompagnement 24h/24 d’un soignant pour de Mme R, c’était en fait la cadre des urgences qui refusais que Mme R soit seule sous prétexte qu’elle venait d’un hôpital psychiatrique… si c’est pas du jugement sa …

16/04/2008

Etre là au moment crucial

C’est une de mes dernières matinée dans le service de chir viscéral/gastro (hummm quelle bonne odeur dans ce service !) c’est un peut le bronx dans les soins… des coup de téléphones par ci, des sonnettes par là… bref j’essai de pallier du mieux que je peut à cela en aidant les infirmières (sans compter que normalement je ne suis que stagiaire… !)

Et bien sur, une urgence… par dessus sa… de toute façon les choses comme ça sa n’arrive pas quand un service est calme !

Le petit fils du Mr de la chambre 601 m’interpelle. Je fais vite pour venir car il semble paniqué.

Mr M est en soins palliatifs. Il donne son dernier souffle devant sa femme (très au clair sur la situation de son mari), son petit fils (environ 18 ans… bouleversé, dans le déni face à la situation présente) et moi.

Le petit fils de Mr M lui tiens la main et l’encourage à se battre… alors que tout est déjà terminé la respiration qu’il peut voir son des gaspes… à ce moment là mon rôle est de lui faire comprendre qu’il faut lui dire au revoir…

 

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Je me suis sentie un peu désarmée n’ayant jamais eu d’expérience en la matière, je suis donc allée chercher l’infirmière du secteur qui entre temps avait commencé les visites parce que le chir était arrivé plus tôt que prévu…

La prise en charge des personnes en soins palliatif dans n’importe quel service de l’hôpital est difficile. Les soins sont spécifiques et demandent du temps, la prise en charge est double : la personne et son entourage…

Je pense que l’on ne nous parle pas assez de ces situations qui sont pourtant fréquentes (autant pour la prise en charge en palliatif, que pour la prise en charge du deuil).

23/03/2008

L'influence de la famille sur nos soins

Stage en service de chirurgie viscérale. Un jeune patient de 18 ans est là pour une déchirure de la vessie suite à un coup de bâton de ski, les suites opératoires ce sont compliquées en péritonite. Il a donc été opéré deux fois.

Le jeune homme est réticent à ce que je lui fasse les soins car il a vu sur ma blouse « étudiante infirmière »… je change ses perfs, je fais une prise de sang et il s’étonne que je la réussisse… (je reste calme car je comprends son doute, ce qui me gène un peu ce sont les petites remarques à mon égard…) j’ai remarqué à cette occasion que ce patient est angoissé.

Quelques matins plus tard  nous venons pour lui faire les soins et il y avait sa mère. Elle est visiblement désemparée et très angoissée ce qui peut se comprendre dans la situation. Son fils est douloureux, nous faisons le nécessaire en antalgique intra veineux.

Je remarque aussi qu’il a du mal à se calmer et que la douleur ne baisse pas, ce qui angoisse encore plus la mère qui nous suit partout dans le service pour nous dire que son fils à mal…

L’infirmière rajoute un antalgique et me demande de lui faire une prise de sang qui est prévue.

Je prépare mon matériel, entre dans la chambre demande à la dame de sortir le temps du soins.

Je repère ma veine et je pique. Avant même d’enfiler le tube je sens que je vais me louper (pourtant il a des veines fines mais qui se voient bien) … résultat j’ai un peu de sang et très vite plus rien et mon aiguille ressort sans même que je l’enlève… je trouve sa étrange et vu la situation je passe la main à ma collègue déçue de ma prestation. Dans ma tête j’analyse et je pense que l’angoisse de la mère majorait l’angoisse du fils ainsi que sa douleur. Au moment de la prise de sang j’ai senti aussi cette angoisse m’envahir ce qui m’a certainement déstabilisé dans mon soin.

Ce sont ces petites expériences de soignants qui nous font avancer et comprendre que l’environnement est un facteur qui peut influencer dans la réussite de nos soins.

16/03/2008

Le statut d'étudiant(e) infirmièr(e)

Ce qu’il y a de bien avec le statut d’étudiant(e) infirmier(e) c’est qu’il y a beaucoup de contraintes !!

 

Il y a tout d’abord l’école… ahhhh l’école ! oui oui on nous prend bien pour des écoliers parfois… (pas toujours fort heureusement).

Les journées de cours sont longues et parfois on se demande ce qu’on fais là alors que dehors il fait beau !

Les formatrices on toutes leurs atouts et leurs défauts (il y en a même on voit surtout leurs défauts) et les intervenants… médecins, infirmier(e)s, cadres… qui doivent se demander qu’est ce que c’est que cette promo !!… Il est vrai que dans certains cours quelques peu blasant… nous trouvons de quoi passer le temps… mots fléchés, sodoku, dessins, papotage… et j’en passe.

Vu de l’autre côté de l’amphi sa doit pas être très motivant pour faire un cours… je l’avoue !

 

Il y a ensuite les stages… un mois à chaque fois… un mois c’est court quand le stage se passe bien mais c’est très long quand il se passe mal.

Il y a toutes les sortes de professionnels mais ceux qui marquent le plus en général c’est ceux qui ont oublié qu’un jour eux aussi ils étaient étudiants… et que quand on est étudiant on a pas la science infuse et on ne sait pas tout faire. On est justement là pour apprendre.

Il y aussi les équipes qui te compte comme membre à part entière de l’équipe… en gros tu fais leur boulot, le boulot qu’elles ne veulent pas faire (surtout le nursing : les toilettes)… « ohhhh y’a l’élève ce matin ba sa va aller ! »

L’élève… nom qui nous est donné en stage… sympathique n’est ce pas ?!

 

Enfin… et fort heureusement il y a aussi tous ces moments qui font que l’on aime notre futur métier… ce qui nous raccroche et nous motive pour continuer. C’est un métier tellement riche.